La reprise des bénéfices pourrait permettre aux petites capitalisations de sortir de l'ombre des grandes capitalisations

Les bénéfices des petites capitalisations devraient connaître une forte reprise. Les analystes tablent sur une hausse de 33 % entre 2025 et 2026, puis de 17 % supplémentaires entre 2026 et 2027. Cela pourrait indiquer un net redressement des bénéfices après plusieurs années au cours desquelles la reprise post-pandémique est restée modérée. La croissance des bénéfices des grandes capitalisations semble également raisonnable, mais les petites capitalisations devraient connaître une croissance plus forte au cours des deux prochaines années. Elles bénéficient de coûts de financement plus bas, d’une fiscalité allégée, de la demande liée à l’intelligence artificielle, du nearshoring et de chiffres comparatifs favorables. Parallèlement, les petites capitalisations mondiales se négocient actuellement avec une décote nette par rapport aux grandes capitalisations. Si la croissance des bénéfices s’accélère effectivement, les investisseurs pourraient se demander si cette décote de valorisation est encore justifiée.

Jusqu'à présent cette année, les petites capitalisations ont surperformé les grandes capitalisations, malgré un contexte géopolitique instable et l'évolution des anticipations en matière de taux d'intérêt. Les facteurs déterminants semblent être l’amélioration des perspectives macroéconomiques et les valorisations plus faibles des petites capitalisations. Si la croissance plus forte des bénéfices attendue par le marché se concrétise, les petites capitalisations pourraient, selon Nick Sheridan et Richard Brown de l’équipe Global Smaller Companies de Janus Henderson, rattraper en partie leur retard de valorisation par rapport aux grandes capitalisations.

Les marchés s'attendent à ce que la croissance des bénéfices des petites capitalisations dépasse celle des grandes capitalisations au cours des deux prochaines années
Les marchés s'attendent à ce que la croissance des bénéfices des petites capitalisations dépasse celle des grandes capitalisations au cours des deux prochaines années

Les prévisions consensuelles concernant l'évolution des bénéfices des petites et grandes capitalisations mondiales entre 2022 et 2027 révèlent une différence frappante. Ces dernières années, les petites capitalisations n'ont connu qu'une reprise limitée de leurs bénéfices après la pandémie. Plusieurs explications peuvent être avancées. Les petites entreprises sont plus sensibles à la hausse des coûts de financement, notamment parce qu’elles recourent plus souvent à des emprunts à taux variable. Elles dépendent également davantage de l’économie réelle, dont la croissance a été atone pendant une longue période. À cela se sont ajoutés l’incertitude politique, le report des décisions d’achat et une période prolongée de réduction des stocks après la pandémie. L’ensemble de ces facteurs a pesé sur l’évolution des bénéfices des petites entreprises.

Cette situation pourrait désormais clairement évoluer. Pour les deux prochaines années, on prévoit une croissance des bénéfices des petites capitalisations de 33 % et 17 % respectivement. Plusieurs facteurs viennent soutenir ce revirement. La baisse des coûts de financement pourrait alléger la pression sur la rentabilité. Aux États-Unis, le projet de loi dit « One Big Beautiful Bill » offre aux entreprises davantage de possibilités de déductions fiscales. Par ailleurs, la demande en matière d’IA et la tendance au nearshoring pourraient soutenir des secteurs tels que l’industrie et les matériaux. Or, ce sont précisément ces secteurs qui pèsent relativement lourd dans les indices des petites capitalisations.

De plus, la faible base de bénéfices de ces dernières années permet aux petites capitalisations d'afficher plus facilement des taux de croissance plus élevés dans les années à venir. Après une période de croissance modérée, les comparaisons d’une année sur l’autre s’avèrent plus favorables. Les grandes capitalisations devraient également continuer à enregistrer une croissance de leurs bénéfices, respectivement de 20 % et 14 % sur la même période. Toutefois, si les petites capitalisations affichent à nouveau une croissance plus rapide que les grandes capitalisations, comme cela a souvent été le cas historiquement sur le long terme, cela pourrait réduire encore davantage la décote de valorisation dont souffrent les petites entreprises.

Pour les investisseurs, la question ne porte donc pas uniquement sur la croissance des bénéfices, mais également sur la valorisation. Les petites capitalisations se négocient toujours avec une décote nette par rapport aux grandes capitalisations. Dans un contexte où les prévisions de bénéfices s’améliorent et où les perspectives macroéconomiques pèsent moins lourdement, cette décote pourrait être remise en cause.

Prime/décote de valorisation des petites capitalisations mondiales par rapport aux grandes capitalisations mondiales (ratio cours/bénéfice prévisionnel). Source : Bloomberg, analyse de Janus Henderson Investors, MSCI World Small Cap, MSCI World, au 22 juin 2026. Rien ne garantit que les tendances passées se maintiendront ou que les prévisions se réaliseront. Les performances passées ne préjugent pas des rendements futurs.
Prime/décote de valorisation des petites capitalisations mondiales par rapport aux grandes capitalisations mondiales (ratio cours/bénéfice prévisionnel). Source : Bloomberg, analyse de Janus Henderson Investors, MSCI World Small Cap, MSCI World, au 22 juin 2026. Rien ne garantit que les tendances passées se maintiendront ou que les prévisions se réaliseront. Les performances passées ne préjugent pas des rendements futurs.

Pour en savoir plus, consultez l'article Chart to Watch: Will stronger global small cap earnings forecasts be the catalyst for a valuation reset?, rédigé par Nick Sheridan et Richard Brown, de l'équipe Global Smaller Companies de Janus Henderson.

Nick Sheridan
Nick Sheridan

Serge Vanbockryck

Senior PR Consultant, Befirm

 

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